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Arrêt maladie court 2026 : indemnités journalières, délai de carence et démarches

Arrêt maladie court en 2026 : montant des indemnités journalières, délai de carence de 3 jours, calcul du SJB, démarches AMELI et maintien de salaire par l'employeur.

Un arrêt maladie ordinaire — grippe, fracture, opération programmée, surmenage — déclenche immédiatement deux questions : combien vais-je toucher et à partir de quel jour ? En 2026, la règle est la suivante : 3 jours non indemnisés (délai de carence), puis des indemnités journalières (IJ) équivalant à 50 % de votre salaire journalier de référence, dans la limite de 42,97 €/jour brut pour un salarié mensualisé. Votre convention collective peut améliorer ce plancher grâce au maintien de salaire. Voici tout ce que vous devez savoir avant de recevoir un arrêt de travail.

Arrêt maladie ordinaire versus ALD : ne pas confondre

Un arrêt maladie ordinaire couvre toute maladie non professionnelle ne relevant pas d'une Affection de Longue Durée (ALD). Il représente l'immense majorité des arrêts de travail.

L'ALD est une reconnaissance médicale accordée pour les maladies graves ou chroniques (cancer, diabète, insuffisance cardiaque, etc.). Elle supprime le délai de carence, permet une prise en charge à 100 % des soins liés à la pathologie et peut prolonger l'indemnisation jusqu'à 3 ans. Notre guide arrêt maladie longue durée et ALD 2026 couvre spécifiquement ces situations.

Si votre arrêt dépasse 6 mois sans statut d'ALD, ou si votre médecin envisage une procédure d'invalidité, consultez aussi notre guide sur la pension d'invalidité 2026.

Le délai de carence : 3 jours non indemnisés

Le délai de carence est la période initiale non indemnisée par l'Assurance Maladie. En 2026, selon votre statut :

Statut Délai de carence
Salarié du secteur privé 3 jours
Agent de la fonction publique 1 jour
Travailleur indépendant (SSI) 3 jours (ou 7 jours selon option souscrite)

Les 3 jours sont des jours calendaires (y compris weekend et jours fériés) à compter du premier jour d'incapacité de travail.

Exceptions : zéro jour de carence dans le secteur privé

Le délai de 3 jours ne s'applique pas dans les cas suivants :

  • Accident du travail ou maladie professionnelle (AT/MP) : indemnisation dès le 1er jour.
  • ALD reconnue : pour les arrêts directement liés à la pathologie reconnue.
  • Grossesse pathologique et congé maternité : pas de carence.
  • Prolongation continue d'un arrêt en cours (même pathologie, aucune reprise du travail entre les deux) : pas de nouveau délai de carence.

Ce que le délai de carence signifie concrètement : les 3 premiers jours sont à votre charge, sauf si votre convention collective (CCN) prévoit un maintien de salaire à 100 % dès le 1er jour (voir section sur la subrogation).

Le calcul des indemnités journalières (IJ)

La formule de base

IJ = 50 % × Salaire Journalier de Base (SJB)

Le Salaire Journalier de Base (SJB) est calculé ainsi :

SJB = (Total des salaires bruts des 3 derniers mois civils) ÷ 91,25

Sont inclus dans la base : salaires bruts, heures supplémentaires, primes soumises à cotisations sociales, avantages en nature. Sont exclus : remboursements de frais, primes de participation/intéressement non soumises, indemnités de licenciement.

Le plafond : 42,97 €/jour brut en 2026

Depuis le 1er avril 2025, le salaire mensuel retenu pour calculer les IJ maladie est plafonné à 1,4 fois le Smic mensuel. Pour 2026, l'Assurance maladie indique un plafond de salaire pris en compte de 2 613,82 € brut par mois, soit :

SJB plafonné = 2 613,82 € × 3 ÷ 91,25 = 85,93 €/jour
IJ maximale = 50 % × 85,93 € = 42,97 €/jour brut

Au-dessus de ce seuil, tous les salariés touchent la même IJ CPAM plafonnée, indépendamment de leur niveau de rémunération réel. Le complément éventuel dépend ensuite de l'employeur, de la convention collective ou d'une prévoyance.

Tableau récapitulatif selon le salaire brut mensuel

Salaire brut mensuel SJB calculé IJ brute IJ nette (après CSG 6,7 %)
1 200 € 39,45 € 19,73 €/j 18,41 €/j
1 600 € 52,60 € 26,30 €/j 24,54 €/j
2 613,82 € (seuil) 85,93 € (cap) 42,97 €/j 40,09 €/j
3 000 € et au-delà 85,93 € (cap) 42,97 €/j 40,09 €/j

Note : les IJ sont imposables à l'IR et soumises à CSG/CRDS (taux de 6,7 % pour les assurés en activité). Elles sont déclarées automatiquement en cases préremplies sur la déclaration de revenus.

Source officielle : Service-Public.fr, indemnités journalières maladie, fiche vérifiée le 1er juin 2026.

Conditions d'ouverture des droits à IJ

Pour percevoir des IJ, vous devez remplir l'une des deux conditions au premier jour de l'arrêt.

Pour un arrêt de moins de 6 mois :

  • Avoir travaillé au moins 150 heures dans les 3 mois civils (ou 90 jours) précédant l'arrêt,
  • OU avoir cotisé sur un salaire d'au moins 1 015 fois le SMIC horaire dans les 6 mois précédents (soit environ 12 058 € brut avec un SMIC horaire de 11,88 € en 2026 — vérifiez sur travail-emploi.gouv.fr).

Pour un arrêt de plus de 6 mois :

  • Avoir travaillé 600 heures dans les 12 mois précédents,
  • OU avoir cotisé sur un salaire d'au moins 2 030 fois le SMIC horaire dans les 12 mois.

En pratique, tout salarié à temps plein depuis plus de 3 mois remplit facilement ces conditions. Les salariés en temps partiel réduit ou en contrats courts peuvent se trouver sous les seuils — renseignez-vous auprès de votre CPAM.

Les démarches : ce qu'il faut faire dans les 48 heures

Les étapes obligatoires

  1. Consulter votre médecin — il établit l'arrêt de travail sur une ordonnance ou via la feuille de soins électronique (FSE) dématérialisée.

  2. Envoyer le volet 3 (partie destinée à l'employeur) dans les 48 heures suivant la date de prescription. Si le médecin ne transmet pas numériquement, envoyez-le par courrier ou remettez-le en main propre.

  3. Envoyer les volets 1 et 2 (partie destinée à la CPAM) si le médecin ne les transmet pas directement via AMELI Pro. En cas de transmission dématérialisée, aucune démarche supplémentaire n'est requise.

  4. Déclarer sur AMELI (ameli.fr) pour confirmer votre RIB et suivre le traitement de votre dossier en temps réel.

Délais de versement des IJ

  • La CPAM verse les IJ tous les 14 jours environ, après le délai de carence.
  • Premier versement : généralement 15 à 20 jours après le début de l'arrêt (délai de traitement administratif).
  • En cas de prescription dématérialisée par le médecin, le délai peut descendre à 10-12 jours.

Prolongation d'un arrêt

Votre médecin peut prolonger l'arrêt sans nouveau délai de carence, à condition de ne pas reprendre le travail entre les deux arrêts pour la même pathologie. La continuité est appréciée maladie par maladie — deux affections distinctes déclenchent chacune leur propre délai de carence.

La subrogation employeur : quand votre employeur maintient votre salaire

De nombreuses CCN prévoient le maintien de salaire pendant tout ou partie de l'arrêt. Dans ce cas, l'employeur vous verse votre salaire habituel et se fait rembourser directement par la CPAM : c'est la subrogation.

Si votre employeur pratique la subrogation :

  • Vous continuez à percevoir votre salaire normalement sur votre bulletin.
  • La CPAM paie directement l'employeur, pas vous.
  • Votre salaire maintenu est soumis aux mêmes règles fiscales et sociales que votre rémunération ordinaire.

Ce que prévoit souvent la CCN :

  • Maintien à 90 % ou 100 % du salaire pendant 30 à 90 jours selon l'ancienneté.
  • Après cette période, seule l'IJ de la CPAM reste versée (environ 30,58 €/j net maximum).
  • En complément, votre prévoyance d'entreprise peut prendre en charge la différence entre l'IJ CPAM et un pourcentage plus élevé de votre salaire. Vérifiez votre contrat de prévoyance.

Pour trouver votre CCN et consulter ses dispositions sur l'arrêt maladie : legifrance.gouv.fr (section Conventions collectives).

Les erreurs fréquentes qui pénalisent ou compliquent

Ce qui peut déclencher une réduction ou une suspension des IJ :

  1. Ne pas envoyer les volets dans les 48h. La CPAM peut appliquer une réduction de 50 % sur les IJ pour la période antérieure à la réception (article R.323-11 du Code de la Sécurité Sociale). En cas de retard exceptionnel justifié (hospitalisation, isolement), un recours gracieux est possible.

  2. Reprendre le travail sans informer la CPAM. Cela génère un indu (IJ versées à tort) que vous devrez rembourser, parfois avec pénalités.

  3. Exercer une activité professionnelle pendant l'arrêt. Même bénévole, même pour un autre employeur, toute activité est interdite et peut entraîner la suspension des IJ et des sanctions disciplinaires.

  4. Ne pas respecter les horaires de sortie. L'ordonnance précise les sorties autorisées (en général limitées à certaines plages horaires). Des sorties hors plages horaires peuvent entraîner une suspension des IJ après contrôle médical de la CPAM.

  5. Oublier d'informer chaque employeur si vous en avez plusieurs. Chaque employeur doit recevoir le volet 3. La CPAM calcule les IJ sur la base de l'ensemble des salaires cumulés.

Impact de l'arrêt maladie sur la retraite

Les indemnités journalières valident des trimestres de retraite sous certaines conditions. Chaque période de 60 jours d'IJ consécutives valide 1 trimestre (article R.351-12 du Code de la Sécurité Sociale).

Pour un arrêt court (moins de 60 jours), aucun trimestre n'est directement validé par les IJ. La période reste néanmoins couverte si vous avez par ailleurs des trimestres validés par cotisation la même année. Notre guide sur les trimestres assimilés 2026 couvre tous les cas de validation sans travail effectif.

FAQ

Je travaille depuis seulement 6 semaines dans l'entreprise. Ai-je droit aux IJ ?

Peut-être, si vous totalisez au moins 150 heures sur les 3 derniers mois (toutes périodes d'activité confondues, pas seulement dans l'entreprise actuelle). Sinon, les IJ de la CPAM ne sont pas dues. Votre mutuelle ou prévoyance peut prévoir des garanties propres.

Mon salaire est bien au-dessus du plafond CPAM. Comment compenser le plafonnement ?

L'IJ CPAM est plafonnée à 42,97 €/j brut en 2026. Un contrat de prévoyance collective prend souvent en charge un complément jusqu'à 70 ou 80 % du salaire réel. Vérifiez auprès de votre service RH ou de votre gestionnaire de prévoyance.

Les IJ sont-elles imposables ?

Oui, les IJ maladie ordinaires sont à déclarer en traitements et salaires — elles figurent généralement en cases préremplies sur votre déclaration de revenus. Les IJ liées à une ALD exonérante ou à un accident du travail/maladie professionnelle obéissent à des règles fiscales particulières : vérifiez le montant prérempli et l'attestation fiscale de l'organisme payeur. Notre guide sur la déclaration de revenus des retraités mentionne les spécificités pour les retraités ayant perçu des IJ en cours d'année.

Si je fais une rechute après avoir repris, y a-t-il un nouveau délai de carence ?

Cela dépend du délai entre la reprise et la rechute. Si moins de 48 heures s'écoulent, pas de nouveau délai (prolongation assimilée). Au-delà, un nouveau délai de 3 jours s'applique.

Mon employeur peut-il me contrôler pendant mon arrêt ?

Votre employeur peut mandater un médecin contrôleur pour une visite à domicile. Si vous n'êtes pas présent aux heures de sortie non autorisées, l'IJ employeur (maintien de salaire) peut être suspendue. La CPAM peut aussi diligenter un contrôle médical indépendant : si le médecin contrôleur estime l'arrêt non justifié, les IJ peuvent être stoppées. Vous pouvez contester auprès du Service du Contrôle Médical de votre CPAM.

J'ai besoin d'aide à domicile pendant mon arrêt. Qui peut financer ?

La CPAM propose parfois une aide ménagère temporaire aux assurés sortant d'hospitalisation (Action Sociale CPAM). Le CESU peut vous aider à déclarer une aide à domicile : notre guide CESU 2026 explique la procédure de déclaration et le crédit d'impôt associé.