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Veuvage 2026 : droits, démarches prioritaires et aides dans les premiers mois

Veuvage 2026 : démarches prioritaires après un décès. Capital décès CPAM (4 009 €), pension de réversion, allocation veuvage et droits sur le logement.

Le décès d'un conjoint est une épreuve à la fois personnelle et administrative. Dans les semaines et les mois qui suivent, plusieurs démarches urgentes s'imposent — certaines dans des délais très courts — tandis que des droits financiers importants peuvent rester inactivés faute d'information. Ce guide vous accompagne étape par étape, dans l'ordre des priorités, pour ne rien oublier et préserver vos droits.

Étape 1 : les démarches immédiates

Faire constater le décès

Si le décès survient à domicile, contactez un professionnel de santé habilité ou, en cas d'urgence ou de doute sur les circonstances, le SAMU (15) afin que le décès soit constaté et qu'un certificat de décès soit établi. Ce document est indispensable pour la déclaration en mairie et l'organisation des obsèques.

Si le décès survient à l'hôpital ou en EHPAD, l'établissement se charge d'établir le certificat de décès.

Choisir les pompes funèbres

Contactez rapidement une entreprise de pompes funèbres habilitée. Aucun délai général de 24 heures ne vous impose de signer avec un opérateur précis : en métropole, l'inhumation ou la crémation doit en principe avoir lieu entre 24 heures et 14 jours calendaires après le décès, sauf dérogation. Demandez plusieurs devis si le contexte vous le permet : les tarifs varient fortement.

Si le défunt avait souscrit un contrat obsèques, contactez l'assureur ou la mutuelle : la prise en charge totale ou partielle des frais est possible. En cas de doute sur l'existence d'un contrat, l'AGIRA permet d'interroger l'ensemble des assureurs, qui répondent sous 3 jours ouvrés.

Étape 2 : déclarer le décès et prévenir les interlocuteurs

Déclaration de décès en mairie

Le décès doit être déclaré sans attendre auprès de la mairie du lieu du décès. À l'hôpital ou en établissement, celui-ci effectue la déclaration dans les 24 heures. À domicile, une personne majeure ou l'entreprise de pompes funèbres peut accomplir la démarche avec :

  • Le certificat de décès établi par le médecin
  • Le livret de famille du défunt
  • Votre pièce d'identité

Demandez plusieurs copies de l'acte de décès à la mairie. Elles sont gratuites et utiles pour les banques, assurances et caisses de retraite ; il n'existe pas de nombre minimal légal à commander.

Informer les proches et les employeurs

Si le défunt était salarié, son employeur doit être informé rapidement — il peut fournir une attestation de décès pour compléter les démarches et déclencher d'éventuelles prévoyances collectives.

Étape 3 : démarches financières urgentes (dans le premier mois)

Le capital décès de la Sécurité sociale

Si votre conjoint était salarié, chômeur indemnisé ou bénéficiaire d'une pension d'invalidité, ses ayants droit ont droit à un capital décès versé par la Sécurité sociale (CPAM).

  • Montant en 2026 : 4 009 € pour le régime général
  • Délai de demande : 1 mois pour les ayants droit prioritaires (conjoint, enfants à charge) — ce délai est impératif. Au-delà, le capital revient aux ayants droit non prioritaires, avec un délai étendu à 2 ans.

La demande se fait auprès de la CPAM avec un formulaire Cerfa (S3180), accompagné de l'acte de décès et d'un justificatif de lien.

Si le défunt était fonctionnaire, le capital décès est versé par l'administration employeur selon des règles spécifiques (souvent plus favorables).

Les prévoyances et assurances décès

Recherchez les contrats d'assurance-vie, de prévoyance et d'assurance décès éventuellement souscrits par votre conjoint :

  • Assurance-vie : les capitaux sont versés aux bénéficiaires désignés, hors succession. Notre guide sur l'assurance-vie et la succession précise les démarches.
  • Contrat de prévoyance collective (via l'employeur) : contactez le gestionnaire RH pour identifier les garanties décès
  • Assurance emprunteur : si votre conjoint avait un crédit immobilier, le décès peut déclencher la prise en charge du capital restant dû

Pour retrouver des contrats oubliés : contactez l'AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance) via agira.asso.fr — elle peut rechercher des contrats d'assurance-vie au nom du défunt.

Bloquer et administrer les comptes bancaires

En cas de décès, les comptes individuels du défunt sont bloqués dès que la banque est informée. Le compte reste accessible uniquement pour :

  • Les frais funéraires, dans la limite réglementaire et du solde disponible, sur présentation de la facture
  • Les opérations nécessaires au règlement de la succession, selon les justificatifs et pouvoirs présentés à la banque

Le compte joint reste ouvert et accessible au conjoint survivant. Il est conseillé de conserver suffisamment de liquidités dessus pour les dépenses courantes pendant la période de succession.

Informez la banque le plus tôt possible avec un acte de décès. Pour savoir précisément ce qui est bloqué, ce qui reste accessible et comment débloquer les fonds, consultez notre guide sur les comptes bancaires au décès.

Étape 4 : la pension de réversion

Qu'est-ce que la pension de réversion ?

La pension de réversion est la fraction de la retraite du défunt reversée au conjoint survivant. Elle constitue souvent l'aide financière la plus importante sur le long terme.

Régime général (CNAV) :

  • Montant : 54 % de la pension brute du défunt
  • Condition d'âge : 55 ans minimum
  • Condition de mariage : seul le mariage ouvre droit (le PACS et le concubinage n'ouvrent pas droit à la réversion au régime général)
  • Condition de ressources : plafond de ressources en 2026 : 25 001,60 €/an pour une personne seule et 40 002,56 €/an pour un couple. Si vos revenus dépassent le plafond applicable, la réversion est réduite ou supprimée.

Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO :

  • Montant : 60 % des points AGIRC-ARRCO du défunt
  • Pas de condition de ressources ; l'âge minimal est en principe de 55 ans, avec des exceptions notamment en cas d'invalidité ou lorsque le bénéficiaire a au moins 2 enfants à charge au moment du décès.
  • Exige d'avoir été marié avec le défunt (PACS et concubinage non éligibles ici aussi)

Notre guide complet sur la pension de réversion détaille les conditions, les montants à jour et la procédure de demande. Pour chiffrer votre cas dès maintenant — total tous régimes, marge avant écrêtement du régime général —, notre simulateur de pension de réversion additionne les trois régimes en quelques secondes.

Le réflexe à ne pas manquer : même si vos ressources dépassent le plafond du régime général, la réversion AGIRC-ARRCO reste sans condition de ressources si ses autres conditions sont remplies. Le service « Demander ma réversion » d'Info Retraite permet de transmettre une demande unique aux régimes concernés, de base et complémentaires.

Comment demander la réversion : le service en ligne d'Info Retraite transmet une demande unique aux régimes concernés. Pour le régime général, la demande est possible à partir de 55 ans ; la date d'effet dépend notamment de la date du décès et du dépôt, elle n'est donc pas rétroactive sans limite.

L'allocation veuvage si vous avez moins de 55 ans

Si vous avez moins de 55 ans au moment du décès, vous ne pouvez pas encore toucher la pension de réversion du régime général. Dans ce cas, l'allocation veuvage prend le relais pendant 2 ans maximum.

  • Montant 2026 : 719,58 €/mois maximum
  • Conditions : mariage, ressources des 3 mois précédant la demande inférieures à 2 698,43 €, soit 899,48 €/mois en moyenne
  • Durée : 2 ans maximum, jusqu'à vos 55 ans si vous atteignez cet âge entre-temps

La demande doit être déposée auprès de la CARSAT ou de la MSA dans les 2 ans suivant le premier jour du mois du décès. Un dépôt dans les 12 mois permet, si les conditions étaient remplies au décès, une prise d'effet au premier jour du mois du décès ; au-delà, le versement ne commence qu'au mois de la demande.

Étape 5 : la succession (délai de 6 mois)

Désigner un notaire

La déclaration de succession doit généralement être déposée dans les 6 mois suivant le décès lorsque le décès a eu lieu en France métropolitaine, sous réserve des cas de dispense. Le recours à un notaire est obligatoire notamment si la succession comprend un bien immobilier, atteint au moins 5 965 € (acte de notoriété), ou s'il existe un testament ou une donation entre époux.

La rémunération du notaire est réglementée pour les actes successoraux. Les honoraires sont proportionnels à la valeur de l'actif net successoral.

La situation fiscale du conjoint survivant

Exonération totale de droits de succession : depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant et le partenaire pacsé sont totalement exonérés de droits de succession. Aucun impôt à payer sur la part reçue par le conjoint.

Cette exonération ne s'applique pas aux concubins, qui sont imposés comme des tiers (barème à 60 %).

Déclaration de succession

Même si aucun droit n'est dû par le conjoint, une déclaration de succession doit être déposée au service des impôts si l'actif successoral dépasse 50 000 € (ou en présence de biens immobiliers). Notre guide sur les frais de succession précise les montants et les délais.

Étape 6 : les droits sur le logement

Conjoint survivant dans un logement locatif

Si vous habitiez dans un logement loué au nom de votre conjoint, le bail se transfère automatiquement à votre nom en qualité de conjoint survivant. Le propriétaire ne peut pas refuser. Informez-le par lettre recommandée avec accusé de réception accompagné d'un acte de décès.

Conjoint survivant dans un logement en propriété

Le conjoint marié bénéficie de droits qui varient selon le titre de propriété. Il peut notamment disposer d'un droit temporaire d'un an et, dans certaines configurations, d'un droit viager. Pour revendiquer le droit viager, il faut manifester son intention dans l'année du décès. En présence d'une indivision avec des tiers, le droit peut être limité à un an : vérifiez le titre de propriété et la succession avec le notaire.

Les autres démarches à ne pas oublier

  • Déclaration de revenus : l'année du décès, vous déposez 2 déclarations : une déclaration commune jusqu'à la date du décès, une déclaration personnelle pour la période restante
  • CAF : informer pour les aides au logement, la prime d'activité ou les allocations familiales
  • Mutuelle / complémentaire santé : informer l'organisme et vérifier les garanties du contrat ; aucun maintien uniforme de 12 mois ne s'applique à toutes les situations
  • Impôts locaux : informer la direction des impôts pour les exonérations éventuelles (taxe foncière — voir notre guide sur les exonérations de taxe foncière après 65 ou 75 ans)

Où obtenir de l'aide ?

  • CARSAT de votre région : pour la pension de réversion et l'allocation veuvage
  • France Victimes (116 006) : accompagnement psychologique et juridique pour les victimes et leurs proches
  • CNAV / info-retraite.fr : espace en ligne dédié à la réversion
  • Notaire : pour la succession et les droits sur les biens
  • Centre communal d'action sociale (CCAS) de votre commune : accompagnement global pour les personnes âgées en situation de fragilité après veuvage

FAQ

Mon conjoint et moi étions pacsés. Ai-je droit à la pension de réversion ?

Non, le PACS n'ouvre pas droit à la pension de réversion dans le régime général de la Sécurité sociale ni dans les régimes AGIRC-ARRCO. Cette règle est différente de la fiscalité successorale, où le partenaire pacsé est exonéré de droits de succession comme le conjoint marié. Si vous étiez partenaires pacsés, vérifiez si votre conjoint avait souscrit une assurance-vie ou une prévoyance vous désignant comme bénéficiaire.

Puis-je toucher la réversion si je me remarie ?

Oui. Depuis 2003, le remariage ou le PACS ne supprime plus le droit à la pension de réversion au régime général. En revanche, les ressources du nouveau conjoint peuvent entrer dans le calcul du plafond de ressources pour la réversion du régime général. Pour l'AGIRC-ARRCO, le remariage supprime la réversion — vérifiez le règlement de votre caisse spécifique.

Mon conjoint n'a jamais travaillé. Ai-je droit à une aide de l'État après son décès ?

Si votre conjoint n'a jamais cotisé à un régime de retraite, il n'y a pas de pension de réversion. En revanche, si vous avez vous-même de faibles revenus, vous pouvez être éligible à des aides sociales comme l'ASPA (minimum vieillesse), la C2S (complémentaire santé solidaire) ou le RSA selon votre âge et situation. Contactez votre CCAS pour un bilan de droits.

Est-ce que je peux refuser la succession si mon conjoint avait des dettes ?

Oui. Vous avez 3 options : accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net (ce qui protège votre patrimoine propre des dettes), ou renoncer totalement à la succession. Si les dettes dépassent l'actif, la renonciation peut s'imposer. Consultez un notaire pour analyser la situation avant de vous décider — la renonciation est irrévocable passé le délai légal.

Sources officielles : parcours « Un proche est décédé », capital décès du régime général, allocation veuvage, recours au notaire, déclaration de succession et droits du conjoint sur le logement, fiches consultées le 27 juillet 2026.

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