L'Assurance Maladie rembourse un trajet en taxi conventionné, en VSL ou en ambulance seulement s'il a été prescrit avant le déplacement et s'il entre dans un cas prévu : hospitalisation, traitement lié à une affection de longue durée (ALD) avec incapacité, accident du travail, trajet de plus de 150 km ou transports en série. Le remboursement est en général de 55 % du tarif conventionnel, porté à 100 % dans certains cas, et diminué d'une franchise de 4 € par trajet.
Une consultation ordinaire chez votre médecin, même à 80 ans et sans voiture, n'ouvre donc pas droit au remboursement du taxi. Ce guide aide à savoir à l'avance si un trajet sera pris en charge, à quel taux, avec quelles formalités, et ce que coûte un refus du transport partagé depuis 2025.
Dans quels cas la sécu rembourse-t-elle le transport ?
Il faut deux conditions cumulatives : une prescription médicale de transport (ou une convocation) et un motif reconnu. Selon la page de l'Assurance Maladie sur les frais de transport, les motifs sont :
- une hospitalisation (complète, partielle ou ambulatoire), à l'entrée comme à la sortie ;
- des soins ou traitements en lien avec une ALD, si vous présentez l'une des incapacités ou déficiences définies par le référentiel de prescription des transports ;
- des soins liés à un accident du travail ou une maladie professionnelle ;
- un transport de plus de 150 km aller, sur accord préalable ;
- des transports en série : au moins 4 transports de plus de 50 km aller sur 2 mois, pour un même traitement (dialyse, chimiothérapie, radiothérapie, rééducation…), également sur accord préalable ;
- une convocation du service médical de l'Assurance Maladie, d'un médecin expert ou d'un fournisseur d'appareillage.
Ce qui n'est pas couvert : la consultation de routine chez un généraliste ou un spécialiste hors ALD, une prise de sang de contrôle, une séance de kiné sans lien avec une ALD ou un accident du travail. Pour ces trajets, regardez plutôt du côté des aides au transport de votre caisse de retraite ou de votre commune (sorties accompagnées, transport à la demande), présentées dans notre guide des aides des caisses de retraite à l'autonomie.
Taxi, VSL, ambulance ou voiture personnelle : qui choisit ?
C'est le médecin prescripteur qui fixe le mode de transport, en fonction de votre état de santé et non de votre préférence :
| Mode prescrit | Pour qui | À savoir |
|---|---|---|
| Ambulance | Patient devant voyager allongé ou sous surveillance | Le plus coûteux, réservé aux cas qui l'exigent |
| Transport assis professionnalisé (VSL, taxi conventionné) | Patient qui tient assis mais ne peut pas conduire ni prendre les transports | Le taxi doit être conventionné par la CPAM |
| Véhicule personnel ou transports en commun | Patient autonome | Remboursement sur demande, formulaire S3140 |
Le piège le plus coûteux est le taxi non conventionné : même avec une prescription en règle, la course n'est pas remboursée du tout. Le logo « taxi conventionné » est apposé sur le véhicule ; en cas de doute, demandez au chauffeur au moment de réserver.
Si vous utilisez votre voiture ou celle d'un proche, envoyez à votre caisse le formulaire S3140 avec la prescription et, le cas échéant, vos justificatifs de péage et de stationnement, ou faites la demande en ligne depuis votre compte ameli.
Combien rembourse l'Assurance Maladie ?
Les trajets en taxi conventionné, VSL ou ambulance sont remboursés à 55 % du tarif conventionnel en règle générale, et à 100 % notamment pour une ALD exonérante avec incapacité ou déficience reconnue, précise l'Assurance Maladie pour les patients en ALD. Le reste (le ticket modérateur) est généralement pris en charge par votre complémentaire santé ; vérifiez la ligne « transport » de votre tableau de garanties.
Sur chaque trajet, l'Assurance Maladie retient une franchise médicale : 4 € par trajet (un aller-retour = 8 €), avec un plafond de 8 € par jour, selon la page ameli sur la franchise médicale. Cette franchise s'additionne à celles des médicaments (1 € par boîte) et des actes paramédicaux (1 € par acte) dans un plafond annuel commun, relevé de 50 € à 70 € par an depuis le 1er octobre 2026 par le décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026. Aucune complémentaire responsable ne peut vous la rembourser. Les mineurs et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire n'en paient pas.
Exemple chiffré : un aller-retour pour une chimiothérapie
Prenons un trajet facturé 60 € au tarif conventionnel, soit 120 € l'aller-retour, hors franchise :
| Situation | Sécu (avant franchise) | Franchise retenue | Ticket modérateur (mutuelle) |
|---|---|---|---|
| Sans ALD, transport pris en charge | 66 € (55 %) | 8 € | 54 € |
| ALD exonérante avec incapacité | 120 € (100 %) | 8 € | 0 € |
Dans les deux cas, les 8 € de franchise restent à votre charge (ou sont récupérés sur un remboursement ultérieur lorsque le transporteur pratique le tiers payant). Sur une série de 20 séances, la franchise atteindrait 160 € sans plafond : c'est le plafond annuel de 70 € qui la limite.
Quand faut-il demander un accord préalable ?
Pour un trajet de plus de 150 km aller et pour les transports en série, le médecin remplit le formulaire S3139 « Demande d'accord préalable / Prescription médicale de transport ». Vous adressez les volets 1 et 2 au service médical de votre caisse avant le premier transport.
La caisse dispose de 15 jours pour répondre. Son silence vaut accord, et elle ne vous écrit qu'en cas de refus, en indiquant les voies de recours, selon la procédure décrite par l'Assurance Maladie. En cas d'urgence attestée par le médecin, l'accord préalable n'est pas exigé avant le départ.
Conseil pratique : notez la date d'envoi et gardez une copie du formulaire. Si un refus arrive au-delà des 15 jours, cette date vous servira à démontrer que l'accord tacite était acquis.
Que se passe-t-il si vous refusez le transport partagé ?
Depuis le 1er mars 2025, le transporteur doit vous proposer un transport partagé (avec un ou plusieurs autres patients) lorsque la prescription ne mentionne pas de contre-indication médicale. La mesure vise les trajets pour une chimiothérapie, une radiothérapie, une dialyse, des soins de réadaptation et les soins en hôpital de jour, détaille Service-Public.
Si vous refusez, le refus est noté sur la facture et le tiers payant ne s'applique plus : vous avancez la totalité du prix du trajet et êtes remboursé ensuite. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 prévoit aussi une minoration du remboursement en cas de refus, mais elle reste suspendue à un décret d'application qui n'était pas publié lors de notre dernière vérification. Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire et de l'aide médicale de l'État ne sont pas concernés.
Si le partage n'est pas raisonnable pour vous (immunodépression pendant une chimiothérapie, troubles cognitifs, fatigue importante après une dialyse), demandez au médecin de mentionner la contre-indication sur la prescription. C'est le seul moyen de garder un transport individuel sans avance de frais.
Les erreurs qui privent de remboursement
- Demander la prescription après le trajet. Hors urgence, elle doit être établie avant le transport. Pour une sortie d'hospitalisation, c'est l'établissement qui la rédige : demandez-la avant de quitter le service.
- Appeler un taxi non conventionné. Aucun remboursement, même avec une prescription.
- Oublier l'accord préalable pour un établissement situé à plus de 150 km, par exemple un centre spécialisé dans une autre région.
- Penser que l'ALD couvre tous les trajets. Seuls les transports en lien avec l'ALD et justifiés par une incapacité définie par le référentiel sont pris en charge à 100 %. Un rendez-vous chez l'ophtalmologiste sans rapport avec l'ALD ne l'est pas. Notre guide sur l'arrêt maladie de longue durée et l'ALD rappelle ce que couvre l'exonération.
- Refuser le transport partagé sans contre-indication écrite : avance de frais garantie.
Pour une vue d'ensemble du calcul d'un remboursement (base, taux, ticket modérateur, franchises), voir notre guide des remboursements de soins.
FAQ : transport médical
Un proche peut-il m'accompagner dans le taxi conventionné ?
La présence d'un accompagnant n'est prise en charge que dans des situations particulières, notamment pour un enfant ou lorsque le médecin estime qu'elle est nécessaire et l'indique sur la prescription. Sans cette mention, l'accompagnant peut voyager avec vous si le transporteur l'accepte, mais son trajet n'est pas remboursé en tant que tel. Posez la question au médecin au moment de la prescription.
Le transport pour aller en cure thermale est-il remboursé ?
Il peut l'être, sous conditions de ressources, en plus du forfait de surveillance médicale et des soins. Les règles propres à la cure, différentes de celles du transport sanitaire classique, sont détaillées dans notre guide sur le remboursement d'une cure thermale.
Que faire si la caisse refuse la prise en charge d'un transport ?
Le courrier de refus indique les voies de recours. Vous pouvez d'abord saisir la commission de recours amiable de votre caisse dans le délai mentionné, en joignant la prescription et tout élément médical qui justifie le mode de transport. Si le refus porte sur une appréciation médicale, la contestation suit une procédure spécifique, également indiquée sur la notification.