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Congé proche aidant : conditions et indemnisation

Congé proche aidant 2026 : conditions d'éligibilité, durée du congé, montant de l'AJPA, procédure de demande et retour au travail.

Le congé proche aidant permet à un salarié de suspendre temporairement son activité pour accompagner un proche en perte d'autonomie ou en situation de handicap. Indemnisé depuis 2020, il reste sous-utilisé alors que ses conditions d'accès ont été élargies.

Si votre proche relève déjà d'une perte d'autonomie liée à l'âge, notre guide sur le dossier APA vous aide à sécuriser l'aide financière en parallèle.

Qui peut en bénéficier ?

Les salariés du privé, les agents publics, les travailleurs indépendants et les demandeurs d'emploi indemnisés peuvent y avoir accès selon leur statut. Depuis les réformes récentes, l'ancienneté minimale d'un an n'est plus le bon réflexe à retenir dans le secteur privé : vérifiez surtout les justificatifs demandés et les délais de prévenance applicables.

Le proche concerné peut être :

  • conjoint, concubin ou partenaire de PACS,
  • ascendant, descendant, collatéral jusqu'au 4e degré,
  • personne âgée ou handicapée avec laquelle vous avez des liens étroits et stables.

Aucune condition de cohabitation n'est exigée. Le proche doit toutefois résider en France (ou en Europe sous conditions) et présenter une perte d'autonomie d'une particulière gravité, attestée par un certificat médical ou un classement GIR 1 à 3.

La durée du congé

  • 3 mois par défaut, renouvelable,
  • jusqu'à 1 an au total sur l'ensemble de la carrière,
  • pris en continu ou fractionné par journées ou demi-journées,
  • transformable en temps partiel sur la même durée.

Le salarié doit prévenir son employeur au moins 1 mois à l'avance (15 jours en cas de dégradation soudaine de l'état du proche), par lettre recommandée ou remise en main propre. L'employeur ne peut pas refuser.

L'indemnisation : l'AJPA

Pendant le congé, le salarié peut percevoir l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) versée par la CAF :

  • 66,64 € par journée,
  • 33,32 € par demi-journée,
  • limitée à 22 jours par mois, 66 jours par personne aidée et 264 jours au total sur le parcours professionnel.

L'AJPA est cumulable avec un maintien partiel de salaire par l'employeur si la convention collective le prévoit, et avec les prestations versées au proche aidé (APA, PCH).

L'impact sur la retraite

Bonne nouvelle : les périodes de congé proche aidant sont assimilées à des périodes cotisées pour la retraite. Vous validez les trimestres correspondants sans condition de revenu, ce qui évite la perte de droits sur le long terme.

Les droits à la retraite complémentaire (Agirc-Arrco) sont également préservés à hauteur de la moyenne des points acquis au cours des 12 mois précédant le congé.

Pendant le congé

Le contrat de travail est suspendu, mais pas rompu. Vous conservez :

  • votre ancienneté,
  • votre mutuelle d'entreprise (sauf accord contraire),
  • votre droit au CPF, qui continue à s'alimenter au prorata du temps précédent.

Vous ne pouvez pas exercer une autre activité professionnelle pendant le congé. Une infraction expose à une suspension de l'AJPA et peut entraîner une procédure disciplinaire à votre retour.

Le retour au travail

Au terme du congé, vous retrouvez votre emploi précédent ou un emploi similaire avec la même rémunération. Un entretien professionnel est obligatoire, centré sur :

  • les évolutions du poste intervenues pendant l'absence,
  • les éventuels besoins de formation pour la remise à niveau,
  • la possibilité d'un aménagement du temps de travail si vous continuez à aider votre proche.

Les démarches à connaître

Pour bénéficier de l'AJPA, deux démarches en parallèle :

  1. Auprès de l'employeur : courrier de demande de congé, certificat médical du proche, justificatif du lien familial.
  2. Auprès de la CAF : formulaire Cerfa 16356-01, attestation de l'employeur confirmant la suspension du contrat, et le cas échéant l'attestation de la MDPH ou du département (GIR / taux d'incapacité).

L'AJPA est versée mensuellement à terme échu. Comptez 6 à 8 semaines entre la première demande et le premier versement.

Quelques bonnes pratiques

  • Documenter dès le début la situation médicale du proche : rapports, ordonnances, comptes-rendus,
  • Anticiper l'organisation pratique : aide à domicile professionnelle, relais familial, hébergement,
  • Vérifier les aides cumulables côté proche aidé (APA, PCH, prestations spécifiques),
  • Informer l'employeur en amont lorsque c'est possible — un congé négocié se passe presque toujours mieux qu'un congé subi.

Si le proche aidé est propriétaire occupant avec des revenus modestes, vérifiez aussi les allègements de taxe foncière après 65 ou 75 ans, souvent oubliés alors qu'ils peuvent alléger immédiatement le budget du foyer.

Le dispositif reste probablement sous-utilisé au regard du nombre de personnes qui se déclarent aidantes au quotidien. Le mieux est encore d'en parler à un assistant social ou à un conseiller de la CAF avant la situation d'urgence. Pour aller plus loin, notre guide des aides aux aidants familiaux recense l'ensemble des dispositifs de répit, du soutien psychologique et des droits professionnels — bien au-delà du seul congé proche aidant.

Si vous êtes aidant et que vous constatez des comportements inquiétants chez un professionnel intervenant auprès de votre proche (prestataire d'aide à domicile, EHPAD), notre guide sur la maltraitance des personnes âgées explique comment reconnaître les signes et à qui s'adresser.

Vous retrouverez aussi d'autres guides Droits seniors pour articuler emploi, aides et retraite.