Le congé proche aidant permet à un salarié de suspendre temporairement son activité pour accompagner un proche en perte d'autonomie ou en situation de handicap. Indemnisé depuis 2020, il reste sous-utilisé alors que ses conditions d'accès ont été élargies.
Si votre proche relève déjà d'une perte d'autonomie liée à l'âge, notre guide sur le dossier APA vous aide à sécuriser l'aide financière en parallèle.
Qui peut en bénéficier ?
Tous les salariés du privé ayant au moins un an d'ancienneté, ainsi que les agents publics et les travailleurs indépendants depuis 2022.
Le proche concerné peut être :
- conjoint, concubin ou partenaire de PACS,
- ascendant, descendant, collatéral jusqu'au 4e degré,
- personne âgée ou handicapée avec laquelle vous avez des liens étroits et stables.
Aucune condition de cohabitation n'est exigée. Le proche doit toutefois résider en France (ou en Europe sous conditions) et présenter une perte d'autonomie d'une particulière gravité, attestée par un certificat médical ou un classement GIR 1 à 3.
La durée du congé
- 3 mois par défaut, renouvelable,
- jusqu'à 1 an au total sur l'ensemble de la carrière,
- pris en continu ou fractionné par journées ou demi-journées,
- transformable en temps partiel sur la même durée.
Le salarié doit prévenir son employeur au moins 1 mois à l'avance (15 jours en cas de dégradation soudaine de l'état du proche), par lettre recommandée ou remise en main propre. L'employeur ne peut pas refuser.
L'indemnisation : l'AJPA
Pendant le congé, le salarié peut percevoir l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) versée par la CAF :
- 66 € net par jour pour une personne en couple,
- 78 € net par jour pour une personne isolée,
- limitée à 22 jours par mois et 66 jours sur l'ensemble de la carrière.
L'AJPA est cumulable avec un maintien partiel de salaire par l'employeur si la convention collective le prévoit, et avec les prestations versées au proche aidé (APA, PCH).
L'impact sur la retraite
Bonne nouvelle : les périodes de congé proche aidant sont assimilées à des périodes cotisées pour la retraite. Vous validez les trimestres correspondants sans condition de revenu, ce qui évite la perte de droits sur le long terme.
Les droits à la retraite complémentaire (Agirc-Arrco) sont également préservés à hauteur de la moyenne des points acquis au cours des 12 mois précédant le congé.
Pendant le congé
Le contrat de travail est suspendu, mais pas rompu. Vous conservez :
- votre ancienneté,
- votre mutuelle d'entreprise (sauf accord contraire),
- votre droit au CPF, qui continue à s'alimenter au prorata du temps précédent.
Vous ne pouvez pas exercer une autre activité professionnelle pendant le congé. Une infraction expose à une suspension de l'AJPA et peut entraîner une procédure disciplinaire à votre retour.
Le retour au travail
Au terme du congé, vous retrouvez votre emploi précédent ou un emploi similaire avec la même rémunération. Un entretien professionnel est obligatoire, centré sur :
- les évolutions du poste intervenues pendant l'absence,
- les éventuels besoins de formation pour la remise à niveau,
- la possibilité d'un aménagement du temps de travail si vous continuez à aider votre proche.
Les démarches à connaître
Pour bénéficier de l'AJPA, deux démarches en parallèle :
- Auprès de l'employeur : courrier de demande de congé, certificat médical du proche, justificatif du lien familial.
- Auprès de la CAF : formulaire Cerfa 16356-01, attestation de l'employeur confirmant la suspension du contrat, et le cas échéant l'attestation de la MDPH ou du département (GIR / taux d'incapacité).
L'AJPA est versée mensuellement à terme échu. Comptez 6 à 8 semaines entre la première demande et le premier versement.
Quelques bonnes pratiques
- Documenter dès le début la situation médicale du proche : rapports, ordonnances, comptes-rendus,
- Anticiper l'organisation pratique : aide à domicile professionnelle, relais familial, hébergement,
- Vérifier les aides cumulables côté proche aidé (APA, PCH, prestations spécifiques),
- Informer l'employeur en amont lorsque c'est possible — un congé négocié se passe presque toujours mieux qu'un congé subi.
Si le proche aidé est propriétaire occupant avec des revenus modestes, vérifiez aussi les allègements de taxe foncière après 65 ou 75 ans, souvent oubliés alors qu'ils peuvent alléger immédiatement le budget du foyer.
Le dispositif reste sous-utilisé : moins de 30 000 demandes d'AJPA déposées en 2025 alors que 8 à 11 millions de Français se déclarent aidants au quotidien. Le mieux est encore d'en parler à un assistant social ou à un conseiller de la CAF avant la situation d'urgence.
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