Beaucoup de propriétaires renoncent à des travaux de rénovation énergétique parce que le reste à charge, une fois MaPrimeRénov' et les CEE déduits, dépasse leur trésorerie disponible. L'éco-PTZ répond exactement à ce problème : un prêt sans intérêt, sans condition de ressources, allant jusqu'à 50 000 € et remboursable sur 20 ans. Contrairement à MaPrimeRénov', ce n'est pas une subvention mais une avance à rembourser — l'intérêt est nul, ce qui en fait un simple différé de paiement, pas un cadeau, mais un outil de trésorerie très efficace.
Les montants selon le type de travaux en 2026
Le montant empruntable dépend du nombre de gestes de travaux réalisés, ou de l'ampleur de la rénovation :
| Type de travaux | Montant maximum | Durée maximale de remboursement |
|---|---|---|
| 1 geste (mono-travaux) | 15 000 € | 15 ans |
| 2 gestes | 25 000 € | 15 ans |
| 3 gestes ou plus | 30 000 € | 15 ans |
| Rénovation globale (gain d'au moins 2 classes DPE) | 50 000 € | 20 ans |
Un « geste » correspond à un type de travaux (isolation des murs, remplacement de chaudière, isolation de toiture…). Plus vous cumulez de gestes dans un même dossier, plus le plafond emprunté augmente.
Source officielle : Service-Public.fr, Éco-prêt à taux zéro ; le dispositif est prolongé jusqu'au 31 décembre 2027 par l'article 71 de la loi de finances pour 2024 (décret n° 2024-299 du 29 mars 2024).
Conditions d'éligibilité
Contrairement aux aides à la rénovation conditionnées aux ressources, l'éco-PTZ n'impose aucune condition de revenus : il est accessible à tous les propriétaires, quel que soit leur niveau de ressources.
Les conditions portent sur le logement et les travaux :
- Le logement doit être construit depuis plus de 2 ans à la date de début des travaux.
- Il doit être utilisé comme résidence principale, occupée au moins 8 mois par an — par le propriétaire occupant ou par un locataire si vous êtes bailleur.
- Le logement doit être situé en France métropolitaine ou en outre-mer.
- Les travaux doivent être réalisés par une entreprise certifiée RGE (Reconnu Garant de l'Environnement), la même exigence que pour MaPrimeRénov'.
Le cumul avec MaPrimeRénov' : comment ça marche concrètement
L'éco-PTZ est pleinement cumulable avec MaPrimeRénov', et c'est son usage le plus fréquent : il finance le reste à charge, c'est-à-dire ce qui reste à payer une fois déduits MaPrimeRénov', les CEE (Certificats d'Économies d'Énergie) et la TVA à 5,5 %.
Depuis 2022, la démarche est simplifiée : si vous avez déjà obtenu votre accord MaPrimeRénov', la banque n'a plus besoin de vérifier elle-même l'éligibilité des travaux — elle se base directement sur le montant du reste à payer indiqué sur votre notification d'accord MaPrimeRénov', dans la limite du plafond de l'éco-PTZ applicable.
Exemple chiffré : pour une rénovation globale à 40 000 € TTC, avec 18 000 € de MaPrimeRénov' et 2 000 € de prime CEE, le reste à charge est de 20 000 €. Un éco-PTZ de 20 000 € sur 20 ans permet d'étaler ce reste à charge sans payer un centime d'intérêt, avec une mensualité d'environ 83 € (hors frais de dossier bancaire).
La marche à suivre
- Faites réaliser un audit ou un devis par un professionnel RGE, en identifiant précisément le ou les gestes de travaux visés.
- Déposez votre dossier auprès d'une banque partenaire du dispositif (la plupart des grandes banques y participent) en fournissant le devis, un justificatif de propriété et, si vous en bénéficiez, votre notification d'accord MaPrimeRénov'.
- Faites signer le formulaire "Devis" et "Emprunteur" par l'entreprise RGE et vous-même : ce sont les pièces qui engagent la banque à instruire le prêt.
- Réalisez les travaux dans un délai de 3 ans maximum après le déblocage des fonds — c'est la limite légale pour justifier l'utilisation du prêt.
- Transmettez les factures définitives à la banque, qui vérifie leur conformité avec le devis initial.
Les erreurs les plus fréquentes
- Confondre éco-PTZ et MaPrimeRénov' : l'un est un prêt à rembourser, l'autre une subvention non remboursable. Les deux se complètent, ils ne s'excluent pas.
- Faire réaliser les travaux avant la signature du prêt : comme pour MaPrimeRénov', l'ordre des démarches compte — le dossier bancaire doit être finalisé avant le démarrage effectif des travaux facturés.
- Choisir un artisan non certifié RGE pour le geste concerné : la certification doit correspondre précisément au type de travaux réalisés, pas seulement à l'entreprise en général.
- Ignorer le délai de 3 ans pour la réalisation des travaux après le déblocage des fonds, qui peut entraîner un remboursement anticipé exigé par la banque en cas de non-respect.
- Négliger de comparer les banques : toutes ne proposent pas l'éco-PTZ avec la même réactivité ni les mêmes frais de dossier annexes, même si le taux d'intérêt du prêt lui-même est toujours nul.
FAQ : éco-PTZ 2026
Faut-il des conditions de revenus pour obtenir l'éco-PTZ ?
Non. Contrairement à MaPrimeRénov', l'éco-PTZ est accessible à tous les propriétaires occupants ou bailleurs, sans plafond de ressources.
Peut-on cumuler l'éco-PTZ avec MaPrimeRénov' ?
Oui, c'est l'usage le plus courant : l'éco-PTZ finance le reste à charge après déduction de MaPrimeRénov', des CEE et de la TVA réduite.
Quelle est la durée maximale pour rembourser un éco-PTZ ?
15 ans pour des travaux par geste (1, 2 ou 3 gestes), 20 ans pour une rénovation globale faisant gagner au moins deux classes de DPE.
Jusqu'à quand peut-on demander un éco-PTZ ?
Le dispositif est prolongé jusqu'au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2024.
À retenir
- L'éco-PTZ finance jusqu'à 50 000 € de travaux, sans intérêt et sans condition de revenus, remboursable sur 15 à 20 ans selon l'ampleur du projet.
- Il est conçu pour financer le reste à charge après MaPrimeRénov', pas pour s'y substituer.
- Les travaux doivent être réalisés par un artisan RGE, dans un délai de 3 ans après le déblocage des fonds.
- Le dispositif reste ouvert jusqu'au 31 décembre 2027.

