Le régime de retraite des fonctionnaires est distinct du régime général et comporte ses propres règles de calcul, ses propres caisses et ses propres délais de démarche. En 2026, la réforme de 2023 s'applique intégralement : l'âge légal monte progressivement vers 64 ans, mais les modalités de calcul restent propres à la fonction publique.
Pour vérifier vos trimestres avant toute décision, commencez par consulter votre relevé de carrière sur info-retraite.fr — la plateforme regroupe désormais les données des régimes publics et privés.
Les deux régimes de retraite de base des fonctionnaires
Il existe deux caisses principales selon votre employeur public :
| Régime | Caisse | Bénéficiaires |
|---|---|---|
| Fonction publique d'État (FPE) | Service des Retraites de l'État (SFP) | Enseignants, militaires, magistrats, personnels d'État |
| Fonction publique territoriale et hospitalière (FPT/FPH) | CNRACL | Agents des collectivités locales, personnels hospitaliers |
Les agents contractuels de droit public et les agents en CDI relevant du droit privé cotisent au régime général (CNAV + AGIRC-ARRCO), et non à ces régimes spéciaux.
Le calcul de la pension de base
La formule fondamentale de la pension civile ou CNRACL est :
Pension = Traitement indiciaire brut de référence × Taux de liquidation
Avec :
- Traitement de référence = traitement indiciaire brut des 6 derniers mois d'activité (indice majoré × valeur du point d'indice de la fonction publique). Les primes et indemnités ne sont pas prises en compte, sauf pour le RAFP.
- Taux de liquidation = (Nombre de trimestres liquidables / Durée de référence) × 75 %
La durée de référence est de 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1973, avec une montée en charge progressive pour les générations antérieures (identique au régime général).
Exemple concret
Un enseignant né en 1963 (âge légal : 62 ans et 9 mois) avec :
- Traitement brut des 6 derniers mois : 3 200 €
- Trimestres validés dans la FPE : 164 trimestres
- Durée de référence pour sa génération : 170 trimestres
Calcul du taux : (164 / 170) × 75 % = 72,4 %
Pension brute : 3 200 × 72,4 % = 2 317 € / mois
Il subit une légère décote faute d'avoir le taux plein. Notre guide sur la décote et surcote précise comment éviter cette pénalité.
Le taux maximum : 75 % (taux plein)
Le taux plein est plafonné à 75 % du traitement indiciaire brut. Ce taux est atteint lorsque le fonctionnaire cumule la durée de référence complète ou qu'il liquide à l'âge du taux plein automatique (67 ans). Des bonifications peuvent porter ce taux au-delà de 75 % dans des cas limités (enfants, services à l'étranger, certains corps).
L'âge légal de départ en 2026
Depuis la réforme 2023, les fonctionnaires des catégories sédentaires (catégorie B, majorité des emplois) sont soumis au même calendrier que le régime général. Notre guide sur l'âge légal de départ à la retraite 2026 détaille ce tableau complet par année de naissance.
En résumé pour 2026 :
- Né(e) en 1962 : âge légal de 62 ans et 6 mois.
- Né(e) entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965 : âge légal de 62 ans et 9 mois.
- Né(e) entre le 1er avril et le 31 décembre 1965 : âge légal de 63 ans.
- Né(e) en 1966 : âge légal de 63 ans et 3 mois.
- Né(e) en 1967 : âge légal de 63 ans et 6 mois.
- Né(e) en 1968 : âge légal de 63 ans et 9 mois.
- Né(e) à partir de 1969 : âge légal définitif de 64 ans.
Catégorie active : départ anticipé maintenu
Les fonctionnaires occupant des emplois classés en catégorie active (contact direct avec le public, pénibilité, insalubrité) conservent un départ anticipé de 5 ans par rapport aux catégories sédentaires. Exemples : infirmiers hospitaliers, policiers, agents pénitentiaires, pompiers professionnels.
Les emplois en catégorie super-active (policiers, pompiers, surveillants pénitentiaires, contrôleurs aériens) bénéficient d'un départ anticipé de 10 ans. Dans ces cas, la condition est d'avoir accompli une durée minimale de services actifs.
Le minimum garanti
Si votre pension calculée est inférieure au minimum garanti, vous percevez automatiquement ce plancher. En 2026, il est revalorisé au 1er janvier et vaut environ 1 280 € bruts mensuels pour une carrière complète (taux plein). Ce montant est proratisé en fonction de vos trimestres si vous n'avez pas de carrière complète.
Le minimum garanti est propre à la fonction publique et distinct du minimum contributif du régime général.
La retraite additionnelle RAFP
Le RAFP (Régime de Retraite Additionnelle de la Fonction Publique) est obligatoire et commun aux trois versants de la fonction publique depuis 2005. Il fonctionne en points et est alimenté par les cotisations sur les primes et rémunérations accessoires (dans la limite de 20 % du traitement indiciaire brut).
- Taux de cotisation : 5 % salarié + 5 % employeur sur les primes.
- Le RAFP complète la pension de base en fin de carrière.
- Il peut être versé en capital (si faible montant) ou en rente viagère.
Rachat de trimestres et validation d'années d'études
Les fonctionnaires peuvent racheter jusqu'à 12 trimestres correspondant à des années d'études supérieures validées par un diplôme. Le coût est déductible de l'impôt sur le revenu. Le coût et l'intérêt du rachat doivent être évalués avant la demande, car le barème dépend notamment de l'âge et du revenu.
Démarches pour demander sa retraite
Les fonctionnaires doivent déposer leur demande de retraite directement auprès de leur employeur (direction des ressources humaines), qui la transmet à la caisse compétente (SFP ou CNRACL). Le délai recommandé est de 6 mois avant la date souhaitée.
- Informer sa DRH de la date envisagée et demander un relevé de situation individuelle.
- Compléter le formulaire de demande de liquidation de pension fourni par la DRH.
- Joindre les pièces justificatives (état civil, reconstitution de carrière si nécessaire).
- Valider la date de radiation des cadres avec votre administration.
La plateforme inter-régimes info-retraite.fr permet également de consulter une estimation de pension et de suivre l'état de votre dossier.
En cas de décès du conjoint fonctionnaire
Le conjoint survivant d'un fonctionnaire peut bénéficier d'une pension de réversion de 50 % de la pension principale, sans condition de ressources pour le régime des fonctionnaires d'État (à la différence du régime général). Les règles diffèrent fortement du régime général, notamment sur les conditions de ressources.
À retenir
- La pension de base des fonctionnaires est calculée sur les 6 derniers mois de traitement indiciaire brut, plafonné à 75 %.
- Les primes ne sont pas intégrées dans la base de calcul (seulement dans le RAFP).
- L'âge légal suit le même calendrier que le régime général depuis 2023.
- Les catégories actives et super-actives maintiennent un départ anticipé.
- La démarche passe par la DRH de l'employeur, 6 mois à l'avance.